Comment compter les points au tir à l’arc

Première compétition, ou simple envie de savoir où vous en êtes : compter ses points au tir à l’arc n’a rien de compliqué, mais quelques règles surprennent — notamment celle qui décide du sort d’une flèche posée sur une ligne.

Voici comment ça marche, discipline par discipline.

Le blason : dix zones concentriques

La cible classique se divise en dix anneaux, valant de 1 à 10 points en allant vers le centre, regroupés par couleur :

Couleur Valeurs
Or (jaune) 10 et 9
Rouge 8 et 7
Bleu 6 et 5
Noir 4 et 3
Blanc 2 et 1

Au centre de l’or se trouve un cercle plus petit, le 10 intérieur, souvent noté X. Il ne rapporte pas davantage de points : il sert uniquement à départager deux archers à égalité. Celui qui compte le plus de X l’emporte.

Les cinq règles à connaître

1. La flèche sur une ligne prend la valeur supérieure

C’est la règle la plus importante, et elle joue toujours en faveur de l’archer. Si le tube touche ne serait-ce que la ligne séparant le 7 du 8, la flèche compte 8.

En cas de doute, on regarde le trou dans le blason, pas la position du tube — une flèche peut avoir bougé en se plantant.

2. On ne touche à rien avant d’avoir marqué

Aucune flèche ne doit être retirée, ni même touchée, tant que le score n’a pas été relevé et validé. Toucher une flèche avant le relevé peut entraîner son annulation.

3. La flèche qui rebondit

Si une flèche rebondit sur la cible sans s’y planter, elle n’est pas perdue. On signale l’incident, et un arbitre détermine la valeur à partir de la marque laissée sur le blason.

4. La flèche qui traverse

Même principe pour une flèche qui traverse complètement le blason : la marque fait foi, sous contrôle d’un arbitre.

5. La flèche hors cible ou tombée court

Elle vaut zéro — on parle de « manque ». Une flèche tombée devant la cible mais restant dans la zone de tir peut, dans certains règlements, être retirée.

Le tir en salle

Le format le plus répandu, et souvent le premier rencontré.

  • Distance : 18 mètres
  • Blason : 40 cm pour les catégories adultes, plus grand pour les jeunes
  • Format : deux séries de dix volées de trois flèches, soit 60 flèches
  • Score maximal : 600 points

Quelques repères pour situer un résultat : un archer débutant tourne souvent autour de 350 à 450, un archer confirmé au-delà de 520, et les meilleurs frôlent les 590.

Sur le trispot — un blason à trois zones séparées — on ne tire qu’une flèche par zone. Le comptage est identique ; l’intérêt est d’éviter de planter ses flèches les unes dans les autres quand on groupe bien.

Le tir en extérieur

  • Arc classique senior : 70 m sur blason de 122 cm
  • Arc à poulies senior : 50 m sur blason de 80 cm
  • Format courant : 72 flèches, soit 720 points maximum

Le comptage ne change pas. Ce qui change, c’est tout le reste : vent, lumière, et une distance qui amplifie le moindre défaut de matériel — d’où l’importance du choix des flèches sur ces épreuves.

Le tir nature

Sur parcours, avec des images d’animaux et des distances non annoncées. Le comptage récompense la première flèche :

Zone tuée Zone blessée
1re flèche 20 points 15 points
2e flèche 15 points 10 points

Si la première flèche touche, on ne tire pas la seconde. Toute la difficulté consiste à estimer correctement la distance du premier coup.

Le tir 3D

Sur cibles animalières en mousse, une seule flèche par cible. Le comptage distingue plusieurs zones — typiquement une zone vitale (parfois subdivisée pour départager), une zone tuée et une zone blessée, avec des valeurs décroissantes.

Les barèmes exacts varient selon le règlement appliqué — World Archery, IFAA ou FFTA n’utilisent pas les mêmes. Vérifiez toujours celui de la compétition avant de vous inscrire.

Le tir Beursault

Le plus atypique, et strictement français. On tire à 50 mètres dans un jeu d’arc, en alternant entre deux buttes.

Le comptage y est d’une sévérité particulière : seules les flèches atteignant une zone centrale réduite — le carton — marquent. Ailleurs, rien. On y valorise la régularité absolue sur un très grand nombre de flèches, bien plus que la performance ponctuelle.

Remplir une feuille de marque

La procédure est toujours la même :

  1. Les flèches se dictent par valeur décroissante : « 9, 8, 6 ».
  2. C’est l’archer qui annonce, un autre qui écrit — jamais soi-même.
  3. On note le total de la volée, puis le cumul.
  4. On compte les 10 et les X dans des colonnes dédiées.
  5. En fin de série, chaque archer signe la feuille d’un autre.

En cas de désaccord sur une valeur, on ne touche à rien et on appelle l’arbitre. Sa décision est sans appel.

Compter chez soi

Nul besoin de compétition pour tenir un score. Fixez-vous un format simple — 30 flèches à 18 mètres, par exemple — et notez le résultat à chaque séance, toujours dans les mêmes conditions.

C’est le meilleur indicateur de progression qui soit : bien plus fiable que la sensation, qui varie avec l’humeur du jour. Et cela vous habitue au rythme d’une volée, ce qui rendra votre première compétition beaucoup moins impressionnante.

En résumé

Dix zones, la valeur supérieure en cas de ligne, on ne touche rien avant d’avoir marqué, et on appelle l’arbitre au moindre doute. Avec ça, vous pouvez marquer n’importe quelle compétition sur blason.

Les formats et barèmes des disciplines de parcours varient d’un règlement à l’autre : référez-vous toujours aux textes en vigueur de la FFTA.

À lire ensuite : le règlement des différentes disciplines et où et comment pratiquer.