Comment bien préparer sa séance de tir à l’arc

Beaucoup d’archers arrivent au pas de tir, montent leur arc et décochent immédiatement. Puis ils s’étonnent que les vingt premières flèches partent n’importe où, et que les vingt dernières soient pires encore.

Une séance se prépare. Pas longuement — dix minutes suffisent — mais méthodiquement. C’est ce qui sépare une séance qui fait progresser d’une séance qui installe des défauts.

Avant de partir : la vérification du sac

Rien de plus frustrant que de découvrir sur place qu’il manque une palette. Le tour rapide :

  • Arc, branches, corde plus une corde de rechange
  • Flèches, en comptant large — prévoyez toujours deux ou trois tubes au-delà du nécessaire
  • Palette, protège-bras, dragonne
  • Fausse corde ou bandoir
  • Clé Allen, cire, encoches de rechange
  • Eau

Les petites pièces — encoches, points d’encochage, cire — tiennent dans une poche et sauvent des séances entières.

L’échauffement, la partie qu’on saute

C’est pourtant la plus rentable. Le tir à l’arc sollicite l’épaule de façon très asymétrique, sur une articulation naturellement fragile. Cinq à dix minutes :

  1. Activation générale — deux ou trois minutes de marche rapide, montées de genoux ou corde à sauter. Il s’agit simplement d’augmenter la température corporelle.
  2. Mobilité des épaules — cercles de bras dans les deux sens, rétractions d’omoplates, rotations.
  3. Élastique — une dizaine de tractions lentes en reproduisant le geste, en cherchant le rapprochement des omoplates. C’est l’exercice le plus proche du mouvement réel.
  4. Armements à vide — deux ou trois, avec descente contrôlée, sans jamais décocher. Un tir à vide détruirait vos branches.

Et surtout : commencez la séance à faible distance. Cinq à dix mètres, sans viser, pour les dix premières flèches. Le geste se met en place bien plus vite qu’en attaquant directement à 18 mètres sur un blason.

Le contrôle du matériel

Une fois l’arc bandé, trente secondes de vérification :

  • Le band — la distance corde-grip, dans la plage constructeur.
  • L’alignement — la corde doit passer au milieu des deux branches.
  • Les vis de branches, qui se desserrent avec les vibrations.
  • La corde — brins et tranche-fil intacts.
  • Les flèches — encoches non fendues, empennages en place. Un tube carbone se contrôle en le fléchissant légèrement et en écoutant : un craquement signale une fissure, le tube part à la poubelle.

Structurer la séance

Une séance qui progresse a une forme. Un déroulé qui fonctionne bien :

Phase Contenu Durée
Mise en route Tir à faible distance, sans cible 10 flèches
Technique Un seul point de travail 20 à 30 flèches
Application Tir normal à la distance habituelle 30 à 40 flèches
Mise en situation Volées comptées, comme en compétition 18 à 30 flèches

La règle qui compte le plus : un seul objectif technique par séance. L’ancrage, ou la tenue du grip, ou le lâcher — jamais les trois. On ne corrige pas trois choses à la fois, on les mélange.

Le volume : moins mais mieux

La question n’est pas « combien de flèches ? » mais « combien de bonnes flèches ? ».

Continuer à tirer fatigué revient à répéter un geste dégradé, donc à l’ancrer. Vous ne construisez pas de l’endurance, vous installez des compensations — et vous préparez une tendinite d’épaule.

Le signal d’arrêt est simple : dès que la qualité baisse nettement, que le bras d’arc tremble ou que l’ancrage devient approximatif, la séance est terminée. Trente flèches propres valent mieux que cent approximatives.

La routine de tir

Installez une séquence rigoureusement identique, flèche après flèche : placement des pieds, encochage, prise de corde, montée d’arc, ancrage, visée, expansion, lâcher, maintien après le départ.

Deux bénéfices. Le geste s’automatise, ce qui libère votre attention pour la cible. Et en compétition, cette routine devient un point d’ancrage familier au milieu d’un contexte qui ne l’est pas — c’est le meilleur antidote au stress.

Un principe à garder en tête pendant toute la séance : concentrez-vous sur l’exécution, jamais sur le score. Vouloir absolument la bonne flèche est précisément ce qui la fait rater.

Boire, et penser à manger

Le tir à l’arc ne donne pas chaud, on oublie donc de boire. C’est une erreur : la déshydratation dégrade la concentration et la précision du geste bien avant qu’on ressente la soif. Buvez régulièrement, par petites quantités.

Sur une séance longue ou une compétition, prévoyez de quoi grignoter — fruits secs, barre céréalière. Une baisse de glycémie se voit immédiatement sur les groupements.

Terminer proprement

  • Étirez pectoraux et deltoïdes antérieurs : ce sont eux qui se raccourcissent avec la pratique et finissent par enrouler les épaules.
  • Débandez l’arc et rangez-le en housse.
  • Inspectez vos flèches une par une avant de les remettre au carquois. Une encoche fendue repérée maintenant, c’est un incident évité la prochaine fois.

Tenir un carnet

C’est l’habitude qui distingue le plus nettement les archers qui progressent des autres. Trois lignes suffisent :

  • Date, distance, nombre de flèches
  • Le point technique travaillé, et ce que vous avez ressenti
  • Les réglages modifiés — band, viseur, berger button
  • Le score, si vous en avez fait un

Sans carnet, on refait trois fois le même réglage sans le savoir, et on oublie ce qui avait fonctionné. Avec, on voit une progression que la sensation du jour, elle, ne montre jamais.

En résumé

Dix minutes d’échauffement, trente secondes de contrôle matériel, un seul objectif technique, et l’arrêt dès que la qualité baisse. C’est tout, et c’est déjà beaucoup plus structuré que ce que font la plupart des archers.

Une séance courte et attentive fait progresser. Une séance longue et distraite installe des défauts qu’il faudra ensuite des mois à défaire.

À lire ensuite : le renforcement spécifique, le point d’ancrage et compter ses points.

Comment choisir son spine de flèches

Le spine est le paramètre qui décide si vos flèches groupent ou non. Tant qu’il n’est pas juste, aucun réglage d’arc ne vous sauvera — c’est le point de départ obligatoire, avant le berger button, avant le viseur, avant tout.

C’est aussi le plus mal compris. Voici comment le déterminer, et surtout comment l’ajuster quand le tableau ne suffit pas.

Spine statique : ce que mesure le chiffre

Le nombre imprimé sur vos tubes — 400, 500, 700, 900 — correspond au spine statique. Il se mesure en atelier selon une norme précise : le tube est posé sur deux appuis distants de 28 pouces, on suspend un poids de 880 grammes en son milieu, et on mesure la flèche.

Le chiffre est cette déflexion, exprimée en millièmes de pouce. Un tube marqué 500 fléchit de 0,500 pouce sous cette charge.

D’où la convention, contre-intuitive mais parfaitement logique une fois qu’on la comprend : plus le chiffre est grand, plus la flèche est souple. Un 400 est raide, un 900 très souple.

Spine dynamique : ce qui compte vraiment

Voici la subtilité que le tableau seul ne dit pas.

Le spine statique est une mesure de laboratoire. Ce qui détermine le comportement réel de votre flèche, c’est le spine dynamique : la façon dont le tube se comporte effectivement quand votre arc le propulse.

Deux tubes de même spine statique peuvent se comporter très différemment selon leur longueur, leur poids de pointe et l’arc qui les tire. C’est pour cette raison que le tableau donne un point de départ, jamais une réponse définitive.

Les cinq facteurs qui modifient le spine dynamique

Facteur Effet sur le comportement
Flèche plus longue Se comporte plus souple
Flèche plus courte Se comporte plus raide
Pointe plus lourde Se comporte plus souple
Pointe plus légère Se comporte plus raide
Puissance augmentée La flèche paraît plus souple

Ces leviers sont vos outils d’ajustement. Entre deux spines, ils permettent de rattraper l’écart sans racheter un jeu complet.

Un sixième facteur, souvent oublié : le mode de lâcher. Un arc classique tiré aux doigts impose à la flèche une flexion latérale importante — le paradoxe de l’archer. Un arc à poulies tiré au décocheur pousse la corde beaucoup plus droit. À puissance égale, un compound accepte donc des tubes plus raides.

Lire un tableau de spines

Les tableaux constructeurs sont à double entrée :

  • Votre allonge AMO — la mesure au point de pivot plus 1,75 pouce. Voir notre article sur l’allonge.
  • Votre puissance réelle à cette allonge, mesurée au peson. Surtout pas la valeur gravée sur les branches, qui vaut pour 28 pouces.

Le croisement des deux donne une plage de spines. Trois réflexes de lecture :

  • Arrondissez votre allonge au quart de pouce supérieur.
  • En début de plage de puissance avec deux spines proposés, prenez le plus souple.
  • Si l’hésitation persiste, un tube légèrement trop raide se rattrape (rallonger, alourdir la pointe) ; un tube trop souple, beaucoup moins.

Point essentiel : chaque fabricant a son propre tableau. Le tableau Easton a longtemps servi de référence universelle, mais un 600 Skylon, Victory ou Gold Tip ne se comporte pas comme un 600 Easton. Utilisez toujours celui de la marque que vous achetez.

Reconnaître un spine inadapté

Pour un archer droitier tirant aux doigts :

Symptôme Diagnostic probable
Groupements qui s’ouvrent avec la distance Spine inadapté, souvent trop souple
Dérive latérale constante que le viseur masque à une distance mais pas à l’autre Spine ou berger button
Vol visiblement ondulant Trop souple
Impossible d’obtenir un vol propre malgré tous les réglages Trop raide
Plumes qui frottent la fenêtre d’arc Sortie de flèche défectueuse

Le test qui départage : réglez votre viseur à 18 mètres, puis reculez à 30 mètres sans y toucher. Si la dérive latérale s’accentue, le problème n’est pas le viseur — c’est le spine ou le berger button.

Vérifier avec la flèche nue

La méthode de référence en arc classique. Préparez un tube strictement identique à vos flèches de tir — même spine, même longueur, même poids de pointe — mais sans empennage.

Sans plumes, rien ne corrige la sortie : le tube nu inscrit en cible exactement ce qui s’est passé au départ.

  1. Tirez trois à quatre flèches empennées.
  2. Tirez une ou deux flèches nues dans les mêmes conditions.
  3. Placez-vous à 20 mètres minimum — plus près, les écarts ne sont pas lisibles.
  4. Comparez la position du tube nu par rapport au groupement.

Si les deux se rejoignent, votre ensemble est cohérent. S’ils s’écartent latéralement, ajustez — en gardant à l’esprit que le sens de correction dépend de votre configuration : procédez par petits pas et laissez la cible trancher.

Ajuster sans tout racheter

Vous êtes entre deux spines, ou votre tube est légèrement trop raide ? Trois leviers, du moins coûteux au plus engageant :

  1. Changer le poids de pointe. Le plus simple et le plus réversible. Passer de 100 à 120 grains assouplit sensiblement le comportement.
  2. Jouer sur la longueur. Un demi-pouce de plus assouplit. Attention : on ne peut que raccourcir, jamais rallonger — d’où l’intérêt de garder de la marge au départ.
  3. Ajuster la puissance. Les vis de tiller offrent environ 5 % de marge sur une poignée moderne.

Un tube trop souple, en revanche, ne se rattrape quasiment pas. C’est pourquoi, en cas de doute persistant, on penche vers le plus raide.

Les erreurs qui coûtent cher

  • Commander sans peser sa puissance réelle. La valeur gravée sur les branches n’est pas celle que vous tirez.
  • Utiliser le tableau d’une autre marque. Les échelles ne sont pas interchangeables.
  • Panacher des spines différents dans le même carquois. Vos groupements ne veulent plus rien dire.
  • Faire couper ses tubes trop court dès le départ, alors que l’allonge d’un débutant augmente presque toujours.
  • Chercher le spine parfait avant d’avoir une technique stable. Sur un groupement dispersé, vous réglez du bruit.

En résumé

Mesurez votre allonge AMO, faites peser votre puissance réelle, ouvrez le tableau du fabricant de vos tubes. Vous obtenez un point de départ — pas une vérité.

Validez-le ensuite au test de la flèche nue, et affinez par le poids de pointe. Le spine n’est pas une science exacte : après quelques essais, il n’est pas rare de finir sur un tube plus souple ou plus raide que ce que le tableau préconisait. C’est normal, et c’est même le signe que vous commencez à régler pour vous.

Le catalogue flèches et tubes d’Archerie.fr couvre l’ensemble des spines, avec coupe sur mesure à partir de l’allonge AMO, et les pointes à visser permettent de tester plusieurs grammages sur le même tube.

À lire ensuite : choisir ses flèches et recentrer sa visée.

Comment compter les points au tir à l’arc

Première compétition, ou simple envie de savoir où vous en êtes : compter ses points au tir à l’arc n’a rien de compliqué, mais quelques règles surprennent — notamment celle qui décide du sort d’une flèche posée sur une ligne.

Voici comment ça marche, discipline par discipline.

Le blason : dix zones concentriques

La cible classique se divise en dix anneaux, valant de 1 à 10 points en allant vers le centre, regroupés par couleur :

Couleur Valeurs
Or (jaune) 10 et 9
Rouge 8 et 7
Bleu 6 et 5
Noir 4 et 3
Blanc 2 et 1

Au centre de l’or se trouve un cercle plus petit, le 10 intérieur, souvent noté X. Il ne rapporte pas davantage de points : il sert uniquement à départager deux archers à égalité. Celui qui compte le plus de X l’emporte.

Les cinq règles à connaître

1. La flèche sur une ligne prend la valeur supérieure

C’est la règle la plus importante, et elle joue toujours en faveur de l’archer. Si le tube touche ne serait-ce que la ligne séparant le 7 du 8, la flèche compte 8.

En cas de doute, on regarde le trou dans le blason, pas la position du tube — une flèche peut avoir bougé en se plantant.

2. On ne touche à rien avant d’avoir marqué

Aucune flèche ne doit être retirée, ni même touchée, tant que le score n’a pas été relevé et validé. Toucher une flèche avant le relevé peut entraîner son annulation.

3. La flèche qui rebondit

Si une flèche rebondit sur la cible sans s’y planter, elle n’est pas perdue. On signale l’incident, et un arbitre détermine la valeur à partir de la marque laissée sur le blason.

4. La flèche qui traverse

Même principe pour une flèche qui traverse complètement le blason : la marque fait foi, sous contrôle d’un arbitre.

5. La flèche hors cible ou tombée court

Elle vaut zéro — on parle de « manque ». Une flèche tombée devant la cible mais restant dans la zone de tir peut, dans certains règlements, être retirée.

Le tir en salle

Le format le plus répandu, et souvent le premier rencontré.

  • Distance : 18 mètres
  • Blason : 40 cm pour les catégories adultes, plus grand pour les jeunes
  • Format : deux séries de dix volées de trois flèches, soit 60 flèches
  • Score maximal : 600 points

Quelques repères pour situer un résultat : un archer débutant tourne souvent autour de 350 à 450, un archer confirmé au-delà de 520, et les meilleurs frôlent les 590.

Sur le trispot — un blason à trois zones séparées — on ne tire qu’une flèche par zone. Le comptage est identique ; l’intérêt est d’éviter de planter ses flèches les unes dans les autres quand on groupe bien.

Le tir en extérieur

  • Arc classique senior : 70 m sur blason de 122 cm
  • Arc à poulies senior : 50 m sur blason de 80 cm
  • Format courant : 72 flèches, soit 720 points maximum

Le comptage ne change pas. Ce qui change, c’est tout le reste : vent, lumière, et une distance qui amplifie le moindre défaut de matériel — d’où l’importance du choix des flèches sur ces épreuves.

Le tir nature

Sur parcours, avec des images d’animaux et des distances non annoncées. Le comptage récompense la première flèche :

Zone tuée Zone blessée
1re flèche 20 points 15 points
2e flèche 15 points 10 points

Si la première flèche touche, on ne tire pas la seconde. Toute la difficulté consiste à estimer correctement la distance du premier coup.

Le tir 3D

Sur cibles animalières en mousse, une seule flèche par cible. Le comptage distingue plusieurs zones — typiquement une zone vitale (parfois subdivisée pour départager), une zone tuée et une zone blessée, avec des valeurs décroissantes.

Les barèmes exacts varient selon le règlement appliqué — World Archery, IFAA ou FFTA n’utilisent pas les mêmes. Vérifiez toujours celui de la compétition avant de vous inscrire.

Le tir Beursault

Le plus atypique, et strictement français. On tire à 50 mètres dans un jeu d’arc, en alternant entre deux buttes.

Le comptage y est d’une sévérité particulière : seules les flèches atteignant une zone centrale réduite — le carton — marquent. Ailleurs, rien. On y valorise la régularité absolue sur un très grand nombre de flèches, bien plus que la performance ponctuelle.

Remplir une feuille de marque

La procédure est toujours la même :

  1. Les flèches se dictent par valeur décroissante : « 9, 8, 6 ».
  2. C’est l’archer qui annonce, un autre qui écrit — jamais soi-même.
  3. On note le total de la volée, puis le cumul.
  4. On compte les 10 et les X dans des colonnes dédiées.
  5. En fin de série, chaque archer signe la feuille d’un autre.

En cas de désaccord sur une valeur, on ne touche à rien et on appelle l’arbitre. Sa décision est sans appel.

Compter chez soi

Nul besoin de compétition pour tenir un score. Fixez-vous un format simple — 30 flèches à 18 mètres, par exemple — et notez le résultat à chaque séance, toujours dans les mêmes conditions.

C’est le meilleur indicateur de progression qui soit : bien plus fiable que la sensation, qui varie avec l’humeur du jour. Et cela vous habitue au rythme d’une volée, ce qui rendra votre première compétition beaucoup moins impressionnante.

En résumé

Dix zones, la valeur supérieure en cas de ligne, on ne touche rien avant d’avoir marqué, et on appelle l’arbitre au moindre doute. Avec ça, vous pouvez marquer n’importe quelle compétition sur blason.

Les formats et barèmes des disciplines de parcours varient d’un règlement à l’autre : référez-vous toujours aux textes en vigueur de la FFTA.

À lire ensuite : le règlement des différentes disciplines et où et comment pratiquer.

Quelle stabilisation d’arc choisir ?

Les longues tiges qui dépassent des arcs de compétition intriguent souvent les débutants. On les prend pour un gadget d’archer confirmé, ou pour un accessoire purement esthétique.

C’est en réalité un système mécanique simple et redoutablement efficace, dont l’effet se mesure dès les premières volées : la stabilisation.

À quoi ça sert réellement

Contrairement à ce que le nom suggère, une stabilisation ne « stabilise » pas l’arc en le figeant. Elle agit sur trois plans :

Elle augmente l’inertie

C’est le mécanisme principal. En ajoutant de la masse loin du centre de l’arc, on augmente son moment d’inertie — sa résistance à la mise en mouvement.

Résultat concret : l’arc ne cesse pas de bouger, mais il bouge plus lentement et plus régulièrement. Votre viseur dérive doucement au lieu de sautiller. Vous avez le temps de décocher pendant qu’il passe sur la cible, au lieu de courir après.

Elle équilibre l’arc

Un arc classique équipé est naturellement déséquilibré : le viseur tire d’un côté, la fenêtre d’arc de l’autre. La stabilisation permet de replacer le centre de gravité là où vous le souhaitez.

Elle absorbe les vibrations

Au lâcher, l’énergie non transmise à la flèche se dissipe dans l’arc. Amortisseurs et masses en absorbent une partie, ce qui réduit le bruit, les vibrations dans la main et la fatigue sur une longue séance.

Les composants

Élément Rôle Longueur courante
Stabilisateur central Stabilise dans l’axe du tir, vers l’avant 26 à 32″
Stabilisateurs latéraux Équilibrent latéralement et ramènent du poids vers l’arrière 10 à 15″
V-bar Support à deux branches pour fixer deux latéraux
One-bar Support pour un seul latéral
Extension Décale le V-bar de la poignée 3 à 4″ maximum
Masses Ajustent le poids et son emplacement
Amortisseurs Découplent les masses des tiges

Quelle configuration selon votre pratique

Arc classique de cible

La configuration complète : un central long, un V-bar et deux latéraux. On commence souvent par le central seul, mais les latéraux apportent un gain net dès qu’on cherche de la régularité — ce sont eux qui ramènent du poids vers l’arrière et empêchent l’arc de « plonger » à la visée.

Longueur du central : une règle simple consiste à prendre environ un pouce de plus que votre allonge. Avec 28 pouces d’allonge, un central de 29 à 30 pouces est un bon point de départ. Pour les latéraux, 12 à 14 pouces conviennent à la plupart des configurations.

Arc à poulies de cible

Les stabilisations compound sont plus rigides en torsion, car elles supportent davantage de masses. On utilise généralement un seul latéral, monté du côté opposé au scope, pour compenser son poids.

Arc de chasse

Tout change : la priorité devient la maniabilité. Une stabilisation de chasse mesure 4 à 10 pouces — assez pour amortir, assez courte pour ne pas s’accrocher dans la végétation. On y privilégie la qualité d’amortissement, qui réduit aussi le bruit au tir.

Barebow et traditionnel

La stabilisation externe est interdite en barebow par les règlements. L’équilibrage se fait par des masses internes vissées dans la poignée. En arc traditionnel, il n’y en a tout simplement pas.

Le poids : le vrai paramètre

C’est là que se joue l’essentiel, bien plus que dans la longueur des tiges.

Un repère utile : le poids total de l’arc équipé doit être en rapport avec la puissance tirée, autour de 70 grammes par livre. Un arc tiré à 30 livres tourne donc aux alentours de 2,1 kg tout équipé.

Et surtout, cherchez l’équilibre entre l’avant et l’arrière :

  • Trop de poids à l’avant : l’arc paraît lourd et pique du nez à la visée. Fatigue rapide du bras d’arc.
  • Trop de poids à l’arrière : l’arc se cabre au lâcher, et la sortie de flèche se dégrade.
  • Le bon équilibre : après le départ de la flèche, l’arc bascule doucement vers l’avant, droit, retenu par la dragonne.

Ce basculement est d’ailleurs le meilleur indicateur de réglage dont vous disposez : s’il part de travers, quelque chose ne va pas.

Amortisseurs : accordez-les aux masses

Les amortisseurs sont les pièces souples intercalées entre les tiges et les masses. Leur dureté doit correspondre à la charge :

  • Beaucoup de masses → amortisseur plutôt rigide, sinon l’ensemble oscille.
  • Peu de masses → amortisseur plus souple, pour absorber réellement.

C’est un composant dont la qualité se ressent immédiatement, et sur lequel il ne faut pas économiser.

Par où commencer

Inutile d’investir dans un ensemble complet dès le départ. La progression logique :

  1. Un stabilisateur central seul, sans masse. Vous sentirez déjà la différence sur la tenue du viseur.
  2. Ajoutez des masses progressivement, une à la fois, en tirant une volée entre chaque.
  3. Ajoutez le V-bar et les latéraux quand votre technique est stable.
  4. Affinez en déplaçant les masses le long des tiges — les avancer accentue l’inertie, les reculer allège la sensation.

Une règle de méthode : ne changez qu’un paramètre à la fois, et jugez sur une volée entière. Comme pour le berger button, modifier plusieurs choses simultanément rend tout illisible.

Une mise en garde

La stabilisation ne corrige pas un défaut technique. Si votre viseur part dans tous les sens, cherchez d’abord du côté de la puissance de votre arc et de la régularité de votre geste.

Ajouter du poids sur un arc déjà trop puissant ne fait qu’aggraver la fatigue — et donc le tremblement que vous cherchiez à corriger.

En résumé

Une bonne stabilisation ne se voit pas : elle se ressent. L’arc devient plus calme à la visée, plus silencieux au lâcher, et bascule proprement vers l’avant après le départ de la flèche.

Commencez simple, un central sans masse, et construisez par étapes en écoutant ce que vous ressentez plutôt qu’en copiant la configuration du voisin — la bonne stabilisation dépend de votre gabarit, de votre puissance et de votre façon de tirer.

Le rayon stabilisateurs d’Archerie.fr regroupe centraux, latéraux, V-bars, masses et amortisseurs.

À lire ensuite : recentrer sa visée et choisir la taille de sa poignée.

Comment cirer la corde de son arc

La corde est la pièce la plus sollicitée de votre arc, et la seule qui soit un véritable consommable. C’est elle qui transfère aux flèches toute l’énergie emmagasinée par les branches — plusieurs dizaines de kilos, plusieurs centaines de fois par séance.

Elle s’use donc. Et l’entretenir prend cinq minutes par mois.

Pourquoi une corde a besoin de cire

Une corde d’arc n’est pas un fil unique : c’est un faisceau de brins synthétiques toronnés. À chaque tir, ces brins frottent les uns contre les autres. C’est cette abrasion interne, invisible de l’extérieur, qui use la corde bien avant tout dommage apparent.

S’y ajoutent les agressions extérieures : les UV, l’humidité, les écarts de température, et les frottements répétés contre le protège-bras, le plastron ou les vêtements.

La cire joue trois rôles :

  • Elle lubrifie les brins entre eux et réduit l’abrasion interne.
  • Elle imperméabilise — une corde gorgée d’eau s’allonge et fait chuter le band.
  • Elle solidarise le faisceau, ce qui limite l’effilochage et maintient la torsion.

Une corde bien entretenue dure facilement deux à trois fois plus longtemps qu’une corde négligée. C’est le meilleur retour sur cinq minutes d’entretien de tout l’équipement.

Ce qu’il vous faut

  • Une cire pour corde, formulée pour les matériaux synthétiques (Dacron, Fastflight, Dyneema). Une bougie ou une cire à ski ne conviennent pas : elles ne pénètrent pas et encrassent.
  • Un bout de ficelle ou une chute de cordage, une vingtaine de centimètres. C’est l’outil de finition, et il change tout.

La méthode, en quatre étapes

1. Inspecter avant de cirer

Bandez l’arc pour tendre la corde, puis passez-la en revue sur toute sa longueur :

  • Le tranche-fil (la surliure centrale) doit être intact, sans brin qui dépasse ni zone ouverte.
  • La corde doit conserver sa torsion habituelle.
  • Aucun brin ne doit être coupé, blanchi ou pelucheux.
  • Les boucles aux extrémités ne doivent pas montrer d’usure.

Si vous trouvez un brin coupé ou un tranche-fil ouvert, ne cirez pas : remplacez. La cire ne répare rien, et une corde qui casse au lâcher équivaut à un tir à vide — vos branches n’y survivront pas forcément.

2. Appliquer la cire

Frottez le bâton de cire sur toute la longueur de la corde, sans excès. Une couche fine et régulière suffit largement.

Évitez soigneusement le tranche-fil et les surliures des boucles : la cire n’y pénètre pas, elle s’y accumule, encrasse et finit par attirer la poussière.

3. Faire pénétrer par friction

Pincez la corde entre le pouce et l’index, et faites des allers-retours énergiques sur toute la longueur.

L’objectif n’est pas d’étaler mais de chauffer : c’est la chaleur produite par la friction qui fait fondre la cire et la fait descendre entre les brins. Une cire simplement déposée en surface ne sert quasiment à rien. Vous devez sentir la corde tiédir sous les doigts.

4. Lisser et retirer l’excédent

C’est l’étape que tout le monde saute, et c’est la plus utile.

Enroulez votre bout de ficelle autour de la corde, sans serrer, et faites-le coulisser d’une extrémité à l’autre. Il va répartir la cire uniformément et racler le surplus.

Une corde correctement cirée est lisse et légèrement satinée — jamais collante. Un excédent de cire est contre-productif : il colle, capte la poussière et alourdit la corde, ce qui ralentit imperceptiblement le tir.

À quelle fréquence ?

Pratique Fréquence
1 à 2 séances par semaine Une fois par mois
3 séances et plus Toutes les une à deux semaines
Après un tir sous la pluie Séchage complet, puis cirage

Le vrai bénéfice de ce rituel dépasse la cire elle-même : il vous force à inspecter votre corde tous les mois. La plupart des ruptures se voient venir — encore faut-il regarder.

Quand faut-il remplacer plutôt que cirer

Une corde ne se cire pas indéfiniment. Remplacez-la si :

  • Des brins sont coupés ou visiblement blanchis.
  • Le tranche-fil se défait ou tourne sur lui-même.
  • Le band baisse régulièrement malgré les retorsions — signe que la corde s’est allongée définitivement.
  • Elle est duveteuse sur toute sa longueur, malgré le cirage.
  • Elle a subi un choc violent ou est passée sur une arête vive.

Même en bon état apparent, une corde se change périodiquement : une fois par an pour une pratique loisir, deux fois ou plus pour un compétiteur qui tire beaucoup. Elle perd progressivement son élasticité et sa capacité de restitution, de manière trop lente pour être perçue au tir — mais bien réelle sur les scores.

Trois erreurs classiques

  • Cirer sans faire pénétrer. Une cire posée en surface ne protège pas les brins internes, qui sont précisément ceux qui s’usent.
  • Cirer le tranche-fil. Cela ne sert à rien et encrasse la zone la plus manipulée de la corde.
  • Attendre que la corde peluche. À ce stade, l’abrasion a déjà fait son travail. Le cirage est une prévention, pas un remède.

En résumé

Un tube de cire coûte quelques euros et dure des années. Cinq minutes par mois, et vous doublez la durée de vie de votre corde tout en gardant un band stable.

Inspectez, appliquez, faites chauffer par friction, lissez à la ficelle. Et au moindre brin coupé, changez la corde sans hésiter : c’est la pièce la moins chère de l’arc, et celle dont la rupture coûte le plus cher.

Cires d’entretien et cordes de rechange sont disponibles chez Archerie.fr.

À lire ensuite : bander son arc et monter sa corde et choisir son arc classique.

Quelle taille de poignée d’arc choisir ?

Sur un arc classique démontable, la poignée est la pièce que vous garderez le plus longtemps. Les branches, elles, changeront à mesure que votre puissance évolue — deux, trois fois, parfois plus. La poignée, non.

C’est donc l’achat sur lequel il vaut la peine de réfléchir. Et le premier paramètre, celui qui conditionne tous les autres, c’est sa longueur.

Ce qu’est exactement une poignée

La poignée — riser en anglais — est la partie centrale de l’arc. Tout s’y fixe : les branches à chaque extrémité, et l’ensemble des accessoires (viseur, berger button, stabilisation, clicker, repose-flèche).

Elle est asymétrique : la fenêtre d’arc est découpée d’un seul côté. Une poignée droitier (RH) est donc physiquement inutilisable par un gaucher — d’où l’importance de déterminer votre œil directeur avant tout achat.

Sa partie centrale, celle que votre main enveloppe, s’appelle le grip. C’est une pièce séparée et interchangeable sur la plupart des modèles.

Les tailles standard

Les fabricants suivent tous la même normalisation :

  • 21 à 27 pouces pour les poignées d’arc classique, avec le 25″ comme taille de référence.
  • 17 à 21 pouces pour les poignées d’arcs de chasse démontables, plus courtes et plus maniables.

En pratique, l’immense majorité des archers classiques tirent en 23″ ou 25″.

Poignée + branches = taille de l’arc

La taille finale de votre arc ne se choisit pas directement : elle résulte de la combinaison poignée + branches. Les branches se déclinent en trois longueurs — courtes, moyennes, longues.

Arc final Poignée Branches
62″ 21″ 66″ (moyennes)
64″ 23″ 66″ (courtes)
66″ 25″ 66″ (courtes)
68″ 25″ 68″ (moyennes)
70″ 25″ 70″ (longues)
72″ 27″ 70″ (moyennes)
74″ 27″ 72″ (longues)

Le 74″ est réservé aux très grandes allonges, au-delà de 31 pouces.

Et comme toujours en tir à l’arc, c’est votre allonge qui commande :

Allonge AMO Arc final visé Poignée logique
Jusqu’à 26″ 64 à 66″ 23″
26″ à 28″ 66 à 68″ 25″
28″ à 30″ 68 à 70″ 25″
Au-delà de 30″ 70 à 72″ 25″ ou 27″

L’effet méconnu sur la puissance réelle

Voici le point que presque personne ne mentionne, et qui explique bien des surprises à la réception d’une commande.

La puissance gravée sur des branches est étalonnée pour 28 pouces d’allonge sur une poignée de 25 pouces. Changez la taille de poignée, et la puissance réelle change avec elle.

La raison est mécanique : sur une poignée plus courte, les mêmes branches doivent se fléchir davantage pour atteindre la même allonge. Elles délivrent donc plus de puissance.

  • Des branches marquées 66″ / 24 livres montées sur une poignée 23″ donnent un arc de 64″ tirant environ 26 livres.
  • Des branches marquées 70″ / 32 livres montées sur une poignée 27″ donnent un arc de 72″ tirant environ 30 livres.

Comptez grossièrement 2 livres d’écart par tranche de 2 pouces de poignée. Si vous passez d’une poignée 25″ à une 23″ en gardant vos branches, vous gagnez de la puissance sans l’avoir demandé — et vous risquez le tremblement qui va avec.

À l’inverse, une poignée plus longue adoucit l’ensemble. C’est une façon élégante de réduire un peu sa puissance sans racheter de branches.

Courte ou longue : ce que ça change au tir

Poignée courte (21-23″) Poignée longue (25-27″)
Comportement Nerveux, réactif Doux, progressif
Stabilité Moindre Supérieure
Tolérance aux défauts Faible Élevée
Vitesse de flèche Plus élevée Plus faible
Convient à Archer confirmé, petite allonge Débutant, grande allonge, tir longue distance

Le raccourci « plus court = plus performant » est faux. Une poignée trop courte pour votre allonge sur-sollicite les branches, use le matériel prématurément et vous prive de stabilité. Une poignée trop longue, elle, bride le rendement.

Pour débuter, privilégiez toujours la stabilité : un arc doux pardonne les erreurs, un arc nerveux les amplifie.

Les matériaux

Matériau Caractère Budget
Bois Chaleureux, silencieux, peu de réglages Entrée de gamme
Aluminium Usiné précis, robuste, le standard en club Milieu de gamme
Magnésium Moulé, léger, bon amortissement Milieu de gamme
Carbone Très léger et très rigide, amortit les vibrations Haut de gamme

Une poignée d’arc classique pèse généralement entre 1 et 1,4 kg. Ce poids n’est pas un défaut : c’est lui qui donne l’inertie nécessaire pour que l’arc reste stable pendant la visée. Un arc trop léger bouge à la moindre crispation.

L’emmanchement : vérifiez qu’il est ILF

C’est le critère qui décidera de votre liberté pour les dix prochaines années.

Le standard ILF (International Limb Fitting) permet de monter n’importe quelle branche de n’importe quelle marque sur n’importe quelle poignée compatible. Certains fabricants utilisent des emmanchements propriétaires qui vous enferment chez eux.

Pour un premier arc évolutif, choisissez de l’ILF. Vous pourrez changer de branches, en emprunter, en revendre, sans contrainte de marque.

Le grip, à ne pas négliger

Le grip existe en small, medium et large, et se remplace en quelques minutes pour quelques dizaines d’euros.

Un grip mal dimensionné vous fera tourner l’arc au lâcher, et aucun réglage ne corrigera cela — c’est un problème de main, pas de matériel. Si vous sentez que vous devez « attraper » votre arc pour le tenir, changez de grip plutôt que de compenser. Voir notre article sur la tenue du grip.

Un dernier réglage : les vis de tiller

Toutes les poignées modernes disposent de vis de tiller à l’emmanchement des branches. En les serrant ou desserrant, vous ajustez légèrement la puissance — comptez environ 5 % de marge.

Ce n’est pas de quoi rattraper une erreur de choix, mais c’est utile pour affiner. Ces vis servent aussi à équilibrer les deux branches entre elles, ce qui influe sur le comportement de l’arc au lâcher.

La méthode, en quatre étapes

  1. Mesurez votre allonge AMO. Tout part de là.
  2. Déduisez la taille d’arc finale avec le tableau plus haut.
  3. Choisissez la poignée qui, combinée aux branches disponibles, donne cette taille — en pratique, 23″ ou 25″ pour la plupart des archers.
  4. Vérifiez l’ILF, puis ajustez le grip à votre main.

Et rappelez-vous : mettez le budget dans la poignée, économisez sur les premières branches. Vous changerez les secondes, pas la première.

Les gammes poignées d’arcs et branches d’Archerie.fr permettent de vérifier les compatibilités ILF et les combinaisons de tailles avant de commander.

À lire ensuite : choisir son arc classique et bander son arc.

Comment bander son arc et monter sa corde

« Bander son arc » veut dire deux choses différentes en tir à l’arc, et la confusion est fréquente chez les débutants.

Le premier sens, c’est armer : tirer la corde jusqu’à son point d’ancrage pour décocher. Le second, celui qui nous intéresse ici, c’est mettre la corde en place sur l’arc — l’opération que vous ferez au début et à la fin de chaque séance.

Ce geste paraît anodin. Il est pourtant responsable de la majorité des branches détruites chez les archers débutants, et de quelques passages aux urgences.

Pourquoi on retire la corde

Tous les arcs, sauf les arcs à poulies, se transportent débandés — c’est-à-dire corde retirée.

Deux raisons à cela :

  • Préserver les branches. Une branche laissée bandée en permanence travaille en flexion continue. Sur du bois-verre, elle finit par prendre une déformation définitive et perd de la puissance.
  • Sécuriser le transport. Un arc bandé qui tombe ou reçoit un choc peut voir sa corde sauter d’une poupée — l’équivalent d’un tir à vide, qui détruit les branches.

Sur les branches carbone modernes, laisser l’arc bandé quelques heures ne pose pas de problème. L’habitude de le débander après chaque séance reste néanmoins la bonne.

La fausse corde : la seule méthode vraiment sûre

Une fausse corde est une sangle munie d’une poche fermée à une extrémité et d’une poche ouverte à l’autre. Elle coûte une dizaine d’euros et c’est, sans exagérer, le meilleur rapport sécurité-prix de tout l’équipement de l’archer.

Son principe : c’est vos jambes qui fléchissent les branches, pas votre dos ni un appui hasardeux. L’arc reste dans l’axe, sous contrôle, à distance de votre visage.

Étape par étape

  1. Posez la corde sur la poupée de la branche inférieure — la corde doit déjà être engagée dans son encoche en bas avant toute chose.
  2. Enfilez la poche fermée de la fausse corde sur l’extrémité de la branche inférieure.
  3. Enfilez la poche ouverte sur l’extrémité de la branche supérieure. L’ouverture doit laisser passer la corde, sans la coincer.
  4. Posez un ou deux pieds au milieu de la sangle, au sol.
  5. Tirez l’arc vers le haut, par la poignée, bras tendu. Les branches fléchissent régulièrement.
  6. Faites glisser la boucle de la corde dans l’encoche de la poupée supérieure, avec la main libre.
  7. Relâchez doucement, puis retirez la fausse corde.

Trois points de vigilance :

  • Gardez toujours l’arc à distance du visage pendant la manœuvre.
  • Tirez d’un mouvement régulier, sans à-coup : c’est la régularité qui protège les branches.
  • Vérifiez que la corde est bien logée dans les deux encoches avant de relâcher complètement.

Le bandoir fixe

La plupart des clubs disposent d’un bandoir mural ou au sol : un support contre lequel on appuie le creux du grip pour faire levier et fléchir les branches.

C’est robuste, rapide et parfaitement fiable. Seul inconvénient : ce n’est pas transportable. Si vous tirez uniquement en club, le bandoir suffit ; dès que vous sortez, la fausse corde s’impose.

Les méthodes à éviter

Le passage entre les jambes

Vous verrez souvent cette technique : on passe une jambe entre la corde et l’arc, on cale la branche inférieure derrière la cuisse, et on fléchit la supérieure à la main.

Ça fonctionne, c’est rapide, et c’est la meilleure façon de voiler une branche. La flexion se fait de travers, et la branche inférieure encaisse une torsion latérale pour laquelle elle n’est pas conçue. Le voilage est souvent progressif et invisible — on constate simplement que l’arc ne se règle plus correctement.

L’appui d’un pied avec poussée vers l’avant

Un pied sur la branche inférieure, on pousse la poignée en avant tout en glissant la corde. Méthode très répandue, moins agressive pour le matériel que la précédente, mais avec un vrai risque : l’arc peut glisser. Une branche sous tension qui se libère brutalement remonte en direction du visage.

Ce n’est pas théorique : ce type d’incident arrive régulièrement, y compris à des archers expérimentés qui ont fait le geste des milliers de fois.

Débander l’arc

Exactement la même manœuvre, en sens inverse : fausse corde en place, tension, on dégage la boucle de la poupée supérieure, puis on relâche progressivement.

L’erreur classique consiste à vouloir décrocher la corde à la main sans fausse corde, en pariant sur la souplesse des branches. C’est là que les doigts se coincent et que les arcs partent.

Après le montage : trois vérifications

Une fois l’arc bandé, avant de tirer la première flèche :

  1. Le band. Mesurez la distance entre la corde et le creux du grip. Chaque arc a sa plage constructeur, souvent 21 à 23 cm en classique. Un band hors plage rend l’arc bruyant et déplace les impacts. Il se règle en vrillant ou dévrillant la corde.
  2. L’alignement. Reculez et regardez le long de la corde : elle doit passer par le milieu des deux branches. Si elle est décalée, une branche est mal emmanchée ou voilée.
  3. Les poupées. Vérifiez que la boucle est bien assise au fond des deux encoches, des deux côtés.

Le band se contrôle à chaque séance : une corde neuve s’allonge pendant ses premières heures d’utilisation, et le band baisse en conséquence.

Le cas particulier de l’arc à poulies

Un compound ne se débande jamais. Il reste corde et câbles montés en permanence.

Sa géométrie, sa puissance et son câblage rendent toute manipulation manuelle impossible — et dangereuse. Le changement de corde exige une presse d’arc, fixe ou portable, qui comprime les branches de façon contrôlée.

Si vous n’êtes pas équipé et formé, confiez cette opération à un archer expérimenté ou à un magasin spécialisé. Une presse mal utilisée peut détruire l’arc, et une corde qui se libère sous tension sur un compound de 60 livres provoque des blessures sérieuses.

Les erreurs à ne pas commettre

  • Monter la corde à l’envers. Les deux boucles ont souvent des tailles différentes : la plus grande va en haut, la plus petite en bas. Une corde inversée fausse le band.
  • Tirer avec la corde mal assise dans une encoche. Elle sautera au premier tir, avec les dégâts d’un tir à vide.
  • Forcer sur une branche qui résiste. Si ça coince, c’est que quelque chose est mal placé.
  • Laisser l’arc bandé dans une voiture en été. Chaleur et flexion prolongée sont la pire combinaison pour des branches.
  • Négliger l’usure de la corde. Un tranche-fil qui s’ouvre ou des brins qui peluchent annoncent une rupture — qui équivaut, elle aussi, à un tir à vide.

En résumé

Équipez-vous d’une fausse corde dès votre premier arc. Dix euros, quelques secondes par séance, et vous éliminez d’un coup le risque de voiler vos branches et celui de prendre un arc dans le visage.

Vérifiez ensuite votre band, votre alignement et vos poupées avant la première flèche. Ces trente secondes de contrôle évitent des heures à chercher pourquoi l’arc ne se règle plus.

Les fausses cordes et bandoirs ainsi que les cordes d’Archerie.fr couvrent les tailles d’arcs évoquées ici.

À lire ensuite : choisir son arc classique, recentrer sa visée et régler son berger button.

Connaitre votre allonge AMO

Avec la latéralité, l’allonge est la mesure la plus importante de votre pratique. Elle conditionne la taille de votre arc, la puissance que vous développez réellement, la longueur de vos flèches et leur spine. Se tromper d’un pouce, c’est se tromper sur tout le reste.

Et pourtant, c’est aussi la mesure la plus souvent approximée. Voici comment l’établir correctement, et surtout ce qu’il faut en faire.

Ce qu’est exactement l’allonge

L’allonge est la distance mesurée en position de tir complète, c’est-à-dire à pleine traction, avec vos repères de visage en place.

Elle se mesure entre deux points précis :

  • d’un côté, le creux de l’encoche de la flèche, là où elle repose sur la corde ;
  • de l’autre, le point de pivot de la poignée — c’est-à-dire le creux du grip, le point le plus profond de la partie que votre main enveloppe.

Attention à une confusion fréquente : ce n’est ni le repose-flèche, ni le berger button qui servent de repère. Ces pièces se trouvent à proximité du point de pivot, mais la mesure officielle se prend bien au creux du grip.

L’allonge dépend de votre morphologie — taille, envergure, longueur des bras — mais aussi de votre posture et de votre niveau technique. Deux archers de même taille peuvent avoir un pouce d’écart.

Point pivot et allonge AMO : 1,75 pouce d’écart

C’est le point qui perd le plus de monde. Il existe deux mesures, et les fabricants n’utilisent que la seconde.

Mesure Définition Usage
Allonge au point pivot Creux de l’encoche → creux du grip Mesure brute, relevée sur la flèche graduée
Allonge AMO Allonge au point pivot + 1,75 pouce La référence de toute l’industrie

Ce 1,75 pouce n’est pas arbitraire : il correspond à la longueur dont la flèche doit dépasser du repose-flèche pour être tirée en sécurité. AMO signifie Archery Manufacturers Organization, l’organisme qui a normalisé cette référence pour que tous les fabricants parlent le même langage.

Concrètement : si votre flèche graduée indique 26,5 pouces au point de pivot, votre allonge AMO est de 28,25 pouces. C’est ce dernier chiffre, et lui seul, que vous devez utiliser pour commander du matériel.

Méthode 1 : l’estimation par l’envergure

Rapide, faisable seul chez soi, suffisante pour dégrossir avant un premier achat.

  1. Tenez-vous droit, dos au mur, bras tendus à l’horizontale.
  2. Faites mesurer la distance d’un bout de majeur à l’autre.
  3. Divisez ce chiffre par 2,5.
  4. Convertissez en pouces en divisant par 2,54.

Exemple : envergure de 178 cm → 178 ÷ 2,5 = 71,2 → 71,2 ÷ 2,54 = 28 pouces environ.

C’est une estimation, pas une mesure. Elle ignore votre posture réelle et peut s’écarter d’un bon pouce de la vérité. Ne commandez jamais des flèches coupées sur cette seule base.

Méthode 2 : la flèche graduée

C’est la méthode fiable, celle des clubs et des magasins spécialisés. Elle nécessite votre arc et une seconde personne.

Une flèche graduée est un tube surdimensionné, marqué au quart de pouce, exclusivement dédié à la mesure. Le déroulé :

  1. L’archer arme et se met en position de tir complète, avec ses repères de visage.
  2. Il maintient la position pendant qu’une seconde personne relève la graduation au point de pivot.
  3. On répète l’opération trois à cinq fois pour vérifier la régularité.
  4. On ajoute 1,75 pouce au résultat pour obtenir l’allonge AMO.

Si les relevés varient de plus d’un demi-pouce entre deux essais, c’est que la position n’est pas encore stabilisée. Dans ce cas, mieux vaut attendre quelques séances avant d’investir dans des flèches coupées sur mesure.

Ce que votre allonge détermine

La taille de votre arc

Plus l’allonge est grande, plus l’arc doit être long, faute de quoi l’angle de corde devient trop fermé à pleine traction : les doigts sont pincés et le tir devient inconfortable et imprécis. Au-delà de 30 pouces d’allonge, on part sur du 70 pouces.

Votre puissance réelle

C’est le point le plus mal compris. La puissance marquée sur des branches vaut pour 28 pouces d’allonge. Comptez environ 2 livres d’écart par pouce : des branches marquées 30 # tirées à 31 pouces développent près de 36 livres réels.

Deux archers avec le même arc peuvent donc tirer des puissances très différentes. C’est pour ça qu’on mesure sa puissance au peson, à sa propre allonge, avant de commander quoi que ce soit.

Le spine et la longueur de vos flèches

Les tableaux de spine des fabricants sont des tableaux à double entrée : allonge AMO d’un côté, puissance réelle de l’autre. Sans allonge AMO fiable, le tableau est inutilisable — voir notre guide pour choisir ses flèches.

Pour la longueur : une flèche annoncée à 31 pouces alors que votre allonge AMO est de 31,5 pouces sera trop courte, et donc dangereuse — la pointe risque de passer derrière le repose-flèche. On achète alors des tubes non coupés en 32 ou 33 pouces que l’on fait recouper, longueur de pointe comprise dans le calcul.

Votre allonge va changer

C’est normal, et il faut l’anticiper. Un archer débutant gagne presque toujours de l’allonge au fil des premiers mois : le dos se met en place, l’épaule s’ouvre, la position s’allonge naturellement. Un demi-pouce à un pouce de gain est courant sur une première saison.

D’où un conseil de bon sens : sur vos premières flèches, gardez un peu de marge en longueur. Vous pourrez toujours les faire recouper plus tard ; l’inverse est impossible.

Chez l’archer confirmé, l’allonge se stabilise — sauf changement technique délibéré. À l’arc à poulies, le type de décocheur influe également sur la mesure.

Quelques repères

Profil Allonge AMO courante
Enfant 8-12 ans 18 à 24″
Adolescent 24 à 27″
Femme adulte 26 à 28″
Homme adulte 28 à 30″

Ce ne sont que des moyennes : votre mesure personnelle prime toujours sur le tableau.

Les erreurs à éviter

  • Oublier les 1,75 pouce. Commander avec l’allonge au point pivot donne des flèches trop courtes — l’erreur la plus dangereuse de la liste.
  • Mesurer sans arc. Une allonge se prend en position de tir réelle, pas en simulant le geste à vide.
  • Se fier à la seule envergure pour commander des flèches coupées.
  • Mesurer le jour d’une séance fatigante. L’allonge se raccourcit avec la fatigue.

En résumé

Relevez votre allonge au point de pivot avec une flèche graduée, ajoutez 1,75 pouce, notez ce chiffre : c’est votre allonge AMO. Faites peser votre puissance réelle à cette allonge. Avec ces deux nombres, vous pouvez choisir un arc à la bonne taille et des flèches au bon spine — et tout le reste de vos réglages deviendra enfin exploitable.

Si vous devez faire recouper des tubes à votre longueur exacte, le rayon flèches et tubes d’Archerie.fr propose la coupe sur mesure à partir de l’allonge AMO.

À lire ensuite : comment choisir son arc.

Renforcer le bras d’arc

Le bras qui tient l’arc tremble, fatigue, descend en fin de série. Le réflexe naturel est d’en conclure qu’il manque de force et de se mettre aux haltères. C’est une fausse piste, et c’est probablement l’idée reçue la plus répandue chez les archers débutants.

Le tir à l’arc n’est pas un sport de bras. C’est un sport de dos. Comprendre cela change complètement la façon de s’entraîner — et règle une bonne partie des problèmes de stabilité.

Ce qui travaille réellement quand vous tirez

À pleine allonge, la traction n’est pas produite par le biceps du bras de corde. Elle vient de la chaîne postérieure de l’épaule et du dos :

  • Les rhomboïdes et le trapèze moyen, qui rapprochent les omoplates : ce sont eux qui tirent la corde.
  • Le trapèze inférieur, qui abaisse et stabilise l’omoplate — le muscle le plus souvent sous-développé chez les débutants.
  • Le deltoïde postérieur, en soutien du mouvement.
  • Le grand dorsal, qui participe à la stabilité globale.

Le bras de corde ne fait que transmettre : les doigts tiennent, l’avant-bras reste relâché, le coude se place dans l’axe de la flèche. Si vous sentez travailler votre biceps, c’est que vous tirez avec le bras au lieu du dos — un défaut technique, pas un manque de muscle.

Le bras d’arc : de la stabilité, pas de la force

Côté bras d’arc, le travail est isométrique : il s’agit de maintenir une position immobile sous charge, pas de produire un mouvement. Les muscles concernés sont l’épaule (deltoïde antérieur, coiffe des rotateurs) et le dentelé antérieur, qui plaque l’omoplate contre la cage thoracique.

C’est pour cette raison que les exercices de force pure — curls, développés, pompes — ne transfèrent quasiment rien. Ils développent des muscles qui ne sont pas ceux qui vous font défaut.

Et avant même de muscler : vérifiez que votre arc n’est pas trop puissant. Un bras d’arc qui tremble dès la troisième volée signale neuf fois sur dix un surdimensionnement, pas une faiblesse. Voir notre article sur le tremblement au tir.

Six exercices qui transfèrent réellement

1. Le tirage à l’élastique

L’exercice roi, parce qu’il reproduit exactement le geste. Un élastique de résistance, ancré ou tenu à deux mains, tiré en imitant la traction. Concentrez-vous sur le rapprochement des omoplates, pas sur le mouvement du bras. 3 séries de 15, deux à trois fois par semaine.

2. Le rowing (tirage horizontal)

À l’élastique, à la poulie ou avec une haltère, buste penché. Coudes qui longent le corps, omoplates qui se serrent en fin de mouvement, pause d’une seconde. C’est du travail direct de rhomboïdes et de trapèze moyen.

3. Les Y-T-W au sol

Allongé sur le ventre, bras tendus, formez successivement un Y, un T puis un W en décollant les bras du sol. Sans charge, c’est déjà difficile — et c’est l’un des rares exercices qui cible spécifiquement le trapèze inférieur. 3 séries de 10 dans chaque position.

4. Les rotations externes d’épaule

Coude au corps plié à 90°, un élastique léger, on tourne l’avant-bras vers l’extérieur. Ce n’est pas un exercice de force mais de prévention : la coiffe des rotateurs est la structure la plus exposée chez l’archer régulier. 2 séries de 15, charge très légère.

5. Le gainage

Planche ventrale et planches latérales. La stabilité du tir vient du tronc : un gainage insuffisant se traduit par un buste qui bouge, donc un arc qui bouge. 3 séries de 30 à 45 secondes.

6. Le maintien du bras d’arc lesté

Bras tendu à l’horizontale, en position de tir, avec un poids léger (500 g à 1 kg) ou un bracelet lesté. Tenez 30 secondes, relâchez, recommencez. C’est le seul exercice qui reproduise vraiment la contrainte isométrique du bras d’arc.

Le SPT : l’entraînement le plus efficace

Le Specific Physical Training consiste tout simplement à armer son arc et tenir la position, sans décocher, en respectant scrupuleusement sa technique.

Le principe : 30 secondes de maintien à pleine allonge, une minute de repos, à répéter 5 à 8 fois. Aucun matériel supplémentaire, et un transfert parfait puisque c’est exactement le geste.

Deux règles impératives : ne le pratiquez jamais avec une technique dégradée — vous ancreriez le défaut — et utilisez un arc plus faible que le vôtre si vous n’arrivez pas à tenir proprement. Beaucoup d’archers font leur SPT avec des branches d’entraînement de 4 à 6 livres en dessous de leur puissance de compétition.

Ce qui ne sert à rien

  • Les curls biceps. Le biceps ne tire pas la corde.
  • Les pompes et les développés. Ils travaillent les pectoraux, muscles antagonistes de ceux dont vous avez besoin. En excès, ils enroulent même les épaules vers l’avant et dégradent la posture de tir.
  • Les exercices de poignet et d’avant-bras. Le poignet du bras d’arc doit rester relâché. Le muscler ne stabilise rien et favorise la crispation.
  • Tirer toujours plus de flèches. Sur un arc déjà trop puissant, le volume ne construit pas de la force : il installe des compensations et prépare la blessure d’épaule.

Échauffement : cinq minutes non négociables

L’épaule de l’archer est une articulation exposée, sollicitée de façon très asymétrique. Avant chaque séance :

  1. Cercles de bras, avant puis arrière, une trentaine de secondes.
  2. Rotations d’épaules et rétractions d’omoplates.
  3. Quelques tractions à l’élastique léger, en montant progressivement.
  4. Deux ou trois armements à vide avec descente contrôlée — jamais de tir à vide, qui détruirait l’arc.

Et en fin de séance, étirez pectoraux et deltoïdes antérieurs : ce sont eux qui se raccourcissent avec la pratique.

Un programme type

Jour Contenu
Lundi Tirage élastique + Y-T-W + gainage
Mardi Séance de tir
Mercredi Repos ou cardio léger
Jeudi Rowing + rotations externes + maintien lesté
Vendredi Séance de tir + SPT en fin de séance
Week-end Tir, puis repos complet

Deux séances de renforcement par semaine suffisent largement. Au-delà, la fatigue accumulée dégrade la qualité de tir — l’inverse du but recherché.

En résumé

Si votre bras d’arc tremble, vérifiez d’abord la puissance de votre arc, puis votre tenue du grip, et seulement ensuite envisagez le renforcement. Quand vous vous y mettez, travaillez le dos et la stabilité de l’épaule — pas les bras.

Un élastique de résistance à quelques euros et vingt minutes deux fois par semaine feront davantage pour votre stabilité que n’importe quelle séance d’haltères. Si vous cherchez un bracelet lesté ou un élastique d’entraînement, le rayon équipement de l’archer d’Archerie.fr en propose.

Comment supprimer le tremblement au tir à l’arc

Le bras se met à vibrer, le viseur part en vrille dans la cible, et plus vous cherchez à vous immobiliser, plus ça tremble. Tous les archers connaissent ça.

Mais « trembler » n’est pas un diagnostic. Derrière le même symptôme se cachent cinq causes très différentes, qui appellent cinq réponses différentes. Appliquer la mauvaise solution ne fait généralement qu’aggraver le problème — c’est pourquoi il faut commencer par identifier ce qui se passe.

Trouver la bonne cause

Quand ça tremble Cause la plus probable
Dès la première volée, à froid Arc trop puissant
Après 20 à 30 flèches seulement Manque d’endurance spécifique
En fin de séance uniquement Fatigue normale — c’est le signal d’arrêt
Seulement en compétition Stress
Toujours au même moment du geste Défaut technique
Impossible de tenir le centre Ce n’est plus du tremblement

Cause 1 : l’arc est trop puissant

C’est de très loin la cause la plus fréquente, et la plus facile à corriger. Un arc surdimensionné oblige les muscles à travailler au-delà de leur capacité de contrôle : le tremblement est alors une réaction physiologique parfaitement normale.

Le test : armez votre arc et tenez la position dix secondes en conservant une technique correcte, puis redescendez sans décocher. Répétez trois fois. Si vous n’y parvenez pas proprement, votre arc est trop fort — quel que soit le chiffre marqué sur les branches.

La solution est simple, même si elle heurte l’ego : descendre en puissance. Sur un arc classique démontable, il suffit de changer de branches. Beaucoup d’archers gagnent instantanément en régularité en retirant quatre à six livres.

Rappelez-vous aussi que la puissance marquée vaut pour 28 pouces d’allonge. Avec une grande allonge, vous tirez plus lourd que ce qui est écrit — voir notre article sur l’allonge.

Cause 2 : vous tirez avec le bras au lieu du dos

Si vous sentez travailler votre biceps ou votre épaule antérieure, le problème est technique. Les petits muscles du bras se fatiguent vite et tremblent ; les muscles du dos, beaucoup plus volumineux, tiennent sans trembler.

Les repères d’une traction correcte :

  • Le coude du bras de corde est haut et dans l’axe de la flèche, pas tombant.
  • Les omoplates se rapprochent — c’est la sensation à rechercher.
  • L’avant-bras et la main de corde restent relâchés : ils ne font que transmettre.
  • Le bras d’arc pousse sans être verrouillé, coude légèrement rotationné pour éviter le claquage de corde.

Ce point se corrige beaucoup plus vite avec un entraîneur ou une vidéo de profil qu’en essayant de le sentir seul.

Cause 3 : la fatigue

Trembler après cent flèches est normal. Le muscle est fatigué, il tremble : c’est un signal, pas un défaut.

C’est ici que le conseil « tirez un maximum de flèches à chaque séance » fait des dégâts. Continuer à tirer fatigué revient à répéter un geste dégradé, et donc à l’ancrer. Vous ne construisez pas de l’endurance, vous installez des compensations — et vous préparez une tendinite d’épaule.

La bonne règle : arrêtez la séance quand la qualité baisse, pas quand le carquois est vide. Mieux vaut trente flèches propres que cent approximatives.

Pour construire de l’endurance, travaillez plutôt le renforcement spécifique hors séance : dos, stabilité d’épaule, gainage.

Cause 4 : le stress

Si vous ne tremblez qu’en compétition, ou seulement lorsqu’on vous regarde, c’est l’adrénaline. Elle augmente le tonus musculaire et amplifie le micro-tremblement naturel du corps.

Deux leviers concrets :

  • La respiration. Inspirez pendant la montée d’arc, expirez à moitié, puis maintenez sans bloquer complètement. Viser en apnée fait grimper la tension en quelques secondes.
  • La routine. Une séquence rigoureusement identique — placement, montée, ancrage, visée, lâcher, maintien après le départ — donne au cerveau quelque chose de familier à exécuter. C’est ce qui neutralise le mieux le contexte de compétition.

Et surtout : concentrez-vous sur l’exécution, pas sur le score. Le tremblement s’amplifie exactement dans la proportion où l’on veut réussir la flèche.

Cause 5 : quand ce n’est plus du tremblement

Si vous ne parvenez plus à amener le viseur au centre, s’il « fuit » systématiquement la zone visée, ou si la flèche part toute seule dès que le centre apparaît — ce n’est plus un problème musculaire.

C’est du target panic, et cela relève d’un travail complètement différent. Aucun renforcement musculaire n’y changera quoi que ce soit.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Serrer plus fort pour compenser. La crispation amplifie le tremblement et fait tourner l’arc — voir la tenue du grip.
  • Tirer davantage. Sur un arc trop puissant, c’est la voie directe vers la blessure.
  • Attendre l’immobilité parfaite avant de décocher. Elle n’existe pas, même chez les champions olympiques.
  • Multiplier pompes et abdominaux. Ce ne sont pas les muscles sollicités.
  • Prolonger la visée. Au-delà de six à huit secondes à pleine allonge, la qualité chute et le tremblement s’installe. Si vous n’avez pas décoché, redescendez et recommencez.

Le protocole en cas de doute

  1. Faites le test des dix secondes. S’il échoue : descendez en puissance, et ne cherchez pas plus loin.
  2. Filmez-vous de profil et vérifiez la position du coude et le travail des omoplates.
  3. Limitez votre séance à ce que vous tirez proprement.
  4. Installez une routine de tir et une respiration régulière.
  5. Ajoutez deux séances hebdomadaires de renforcement du dos.
  6. Si le tremblement ne cède sur aucun de ces points, orientez-vous vers le target panic.

En résumé

Dans l’immense majorité des cas, un archer qui tremble n’a pas besoin de muscle : il a besoin d’un arc moins puissant. C’est la première chose à vérifier, et c’est aussi celle qui donne les résultats les plus rapides.

Le reste — technique, endurance, gestion du stress — vient ensuite, et se construit sur la durée.