Règlement du tir à l’arc

Le tir à l’arc n’a pas un règlement, il en a autant que de disciplines. Un archer de salle et un archer de parcours 3D ne tirent ni aux mêmes distances, ni sur les mêmes cibles, ni avec le même comptage.

Voici l’essentiel, discipline par discipline. Pour les valeurs exactes — qui évoluent d’une saison à l’autre — référez-vous toujours aux textes en vigueur de la FFTA pour la France, ou de World Archery à l’international.

Qui écrit les règles

  • World Archery (WA) — la fédération internationale, qui définit les règlements des disciplines olympiques et mondiales.
  • FFTA — la Fédération Française de Tir à l’Arc, délégataire en France. Elle applique les règles WA et y ajoute des disciplines proprement françaises.
  • IFAA — une fédération internationale parallèle, spécialisée dans le tir de parcours, avec ses propres catégories.

La licence FFTA est obligatoire pour concourir en compétition officielle. Elle couvre également l’assurance de la pratique.

Comment on compte les points

C’est la base commune à toutes les disciplines sur blason. La cible est divisée en dix zones concentriques, valant de 1 à 10 points en allant vers le centre :

Couleur Zones
Or (jaune) 10 et 9
Rouge 8 et 7
Bleu 6 et 5
Noir 4 et 3
Blanc 2 et 1

Trois règles à connaître :

  • Flèche à cheval sur une ligne : elle compte la valeur la plus élevée. Le doute profite toujours à l’archer.
  • Le 10 intérieur (parfois noté X) ne vaut pas plus de points, mais sert à départager deux archers à égalité.
  • Flèche hors cible ou tombée en deçà : zéro. Une flèche qui rebondit ou traverse fait l’objet d’une procédure particulière signalée à l’arbitre.

On ne touche jamais aux flèches avant que le score ait été relevé et validé.

Le tir en salle

La discipline hivernale par excellence, et souvent la première rencontrée en club.

  • Distance : 18 mètres.
  • Blason : 40 cm pour les catégories adultes. Les jeunes catégories tirent sur des blasons plus grands — 60 cm, et jusqu’à 80 cm pour les plus jeunes.
  • Format : deux séries de dix volées de trois flèches, soit 60 flèches.
  • Trispot : un blason à trois zones séparées verticalement, sur lequel on ne tire qu’une flèche par zone. Il évite d’abîmer ses flèches en les plantant les unes dans les autres — indispensable dès qu’on groupe bien.

Conseil pratique : emportez toujours plus de flèches que nécessaire. Une encoche cassée en pleine série, et vous terminez avec un jeu incomplet.

Ce qu’on y recherche : la régularité absolue. À 18 mètres, tout le monde touche la cible ; c’est la constance qui départage.

Le tir en extérieur

La discipline olympique, disputée sur stade.

  • Arc classique senior : 70 mètres sur blason de 122 cm.
  • Arc à poulies senior : 50 mètres sur blason de 80 cm, généralement en trispot.
  • Les distances sont réduites pour les catégories jeunes et vétérans.

Le vent et la lumière deviennent des paramètres à part entière, ce qui explique l’importance du choix des flèches : c’est là que les tubes fins et lourds prennent tout leur sens — voir notre guide sur les flèches.

Le tir en campagne

Un parcours en terrain naturel, généralement 24 cibles, avec des blasons circulaires de tailles variées.

Sa particularité : une partie des cibles se tire à distance connue, l’autre à distance inconnue. L’archer doit alors estimer lui-même l’éloignement — compétence qui devient centrale. S’y ajoutent les dévers, les tirs en montée et en descente, qui modifient la portée réelle.

Le tir nature

Un parcours en forêt, sur des images d’animaux imprimées, placées entre 5 et 40 mètres environ. Les distances ne sont jamais annoncées.

Le comptage distingue deux zones et récompense la première flèche :

Zone tuée Zone blessée
1re flèche 20 points 15 points
2e flèche 15 points 10 points

L’archer dispose d’un temps limité pour ses deux flèches, tirées depuis deux pas de tir différents. Rapidité, estimation de distance et adaptation à des positions inconfortables : c’est une discipline très complète.

Le tir 3D

Le cousin volumétrique du tir nature. Les cibles sont des animaux en mousse en trois dimensions, disposées entre 5 et 45 mètres.

Une seule flèche par cible, et un comptage à plusieurs zones — typiquement une zone vitale, une zone tuée et une zone blessée, la zone vitale pouvant être subdivisée pour départager. Les valeurs exactes dépendent du règlement appliqué (WA, IFAA ou FFTA) : vérifiez avant de vous inscrire.

À noter : les jumelles sont autorisées avec un grossissement limité, et les dispositifs d’overdraw sont interdits aux arcs à poulies.

Le tir Beursault

Discipline strictement française, pratiquée dans un jeu d’arc : deux buttes se faisant face à 50 mètres, entre lesquelles les archers alternent.

Le comptage y est d’une sévérité particulière — seule une zone centrale réduite marque — et la compétition se déroule sur un grand nombre de flèches. C’est l’épreuve de la régularité pure, indissociable de la culture des compagnies d’arc.

Le longbow est bien reconnu

On lit parfois que le longbow ne serait reconnu ni par la FFTA ni par World Archery. C’est inexact.

Le longbow constitue une division à part entière dans les disciplines de parcours — tir en campagne, tir nature, 3D — aussi bien au règlement World Archery qu’à la FFTA. Il y côtoie l’arc nu (barebow), l’arc chasse, l’arc classique et l’arc à poulies.

Ce qui est vrai, c’est qu’il ne figure pas dans les épreuves olympiques, réservées à l’arc classique. Cela ne le prive nullement de compétitions officielles.

Les règles de sécurité, communes à tous

Elles ne se négocient pas, et leur non-respect entraîne l’exclusion immédiate :

  • On ne tire qu’au signal, et on cesse immédiatement à l’ordre d’arrêt.
  • On ne franchit jamais la ligne de tir avant l’autorisation de retirer les flèches.
  • On n’arme jamais un arc ailleurs qu’en direction de la cible, même sans flèche.
  • On ne tire jamais à vide : sans flèche, l’énergie se dissipe dans les branches et les détruit.
  • On vérifie ses flèches avant chaque volée : un tube carbone fêlé peut se rompre au départ.
  • Derrière la cible, il faut toujours un obstacle d’arrêt ou une zone de sécurité dégagée.

En résumé

Chaque discipline a sa logique : la salle récompense la régularité, l’extérieur la gestion des éléments, le parcours l’estimation de distance et l’adaptation. Rien n’oblige à choisir — beaucoup d’archers font de la salle l’hiver et du parcours l’été.

Commencez par lire le règlement de la discipline qui vous attire, puis allez voir une compétition en spectateur : une matinée sur un pas de tir en apprend plus que dix pages de texte.

À lire ensuite : où et comment pratiquer et les origines et traditions du tir à l’arc.

Origines et traditions du tir à l’arc

L’arc est l’une des plus anciennes inventions techniques de l’humanité, et de loin la plus durable : pendant des millénaires, il fut l’arme dominante sur tous les continents. Il n’est devenu un sport qu’au terme d’une très longue histoire — et il a conservé, en France en particulier, des traditions vivantes que peu de disciplines peuvent revendiquer.

Des origines préhistoriques

Les plus anciennes pointes de flèches identifiées remontent à plusieurs dizaines de milliers d’années. Les plus vieux arcs conservés — retrouvés dans les tourbières du nord de l’Europe, notamment à Holmegaard au Danemark — sont datés d’environ 8 000 ans avant notre ère.

L’invention est décisive. Pour la première fois, l’homme peut accumuler de l’énergie puis la libérer d’un coup, et tuer à distance sans exposer sa propre vie. C’est un bouleversement pour la chasse comme pour la guerre.

Toutes les grandes civilisations ont développé leur propre forme d’arc : arcs composites des steppes, redoutables à cheval et fabriqués de bois, de corne et de tendon ; arcs longs européens ; arcs asymétriques japonais, le yumi, toujours utilisé aujourd’hui en kyudo.

L’apogée médiéval

En Europe occidentale, le Moyen Âge marque le sommet de l’arc de guerre avec le longbow anglais, taillé dans l’if, capable de percer une armure à courte distance.

Sa réputation se forge pendant la guerre de Cent Ans, à Crécy en 1346 et à Azincourt en 1415, où des archers relativement peu nombreux mettent en déroute une chevalerie française bien supérieure en nombre. Le tir en cloche massé, à plusieurs centaines de mètres, change durablement l’art de la guerre.

Cette efficacité avait un coût : la maîtrise du longbow demandait des années d’entraînement. En Angleterre, la pratique de l’arc fut rendue obligatoire pour les hommes par plusieurs décrets royaux — c’est de cette contrainte que sont nées bien des traditions locales.

Une légende qui a la vie dure

On lit souvent que le doigt d’honneur anglais viendrait des archers d’Azincourt, dont les Français auraient coupé l’index et le majeur, et qui montraient donc leurs doigts intacts en signe de défi.

C’est une légende urbaine, très répandue mais dépourvue de toute source historique. Aucun chroniqueur de l’époque n’en fait mention, et l’histoire ne semble pas apparaître avant le XXe siècle. Le geste anglais existe bel et bien, mais son origine reste inconnue. L’anecdote est jolie ; elle n’est simplement pas vraie.

Le déclin puis la renaissance sportive

À partir du XVIe siècle, la diffusion des armes à feu — arquebuse, puis mousquet — condamne progressivement l’arc de guerre. Non parce qu’il tirait moins vite ou moins loin, mais parce qu’un arquebusier se formait en quelques semaines là où un archer demandait des années.

L’arc ne disparaît pas pour autant : il se maintient comme loisir aristocratique et pratique associative. Le XIXe siècle voit la naissance du tir à l’arc sportif moderne, avec ses règlements, ses distances normalisées et ses premières compétitions organisées.

La discipline entre aux Jeux olympiques dès 1900, y figure de façon irrégulière jusqu’en 1920, puis en disparaît pendant un demi-siècle faute de règles internationales communes. Elle y fait son retour définitif à Munich en 1972, sous l’égide d’une fédération internationale unifiée.

Les traditions françaises encore vivantes

C’est sans doute la partie la plus méconnue, et pourtant la plus remarquable. La France a conservé des formes de tir héritées directement de l’Ancien Régime.

Les compagnies d’arc

Héritières des confréries d’archers médiévales, les compagnies d’arc restent très implantées dans les Hauts-de-France, en Île-de-France et en Picardie. Elles conservent un vocabulaire, des rites d’accueil et une hiérarchie propres — on n’y « adhère » pas, on y est reçu.

Le tir Beursault

Discipline typiquement française, le tir Beursault se pratique dans un jeu d’arc : un couloir aménagé où deux buttes se font face à 50 mètres. Les archers tirent alternativement d’une butte vers l’autre, une flèche à la fois, et se déplacent entre les deux.

Le comptage y est particulier et sans concession : seules les flèches touchant le carton, une zone centrale réduite, marquent des points. On y valorise la régularité absolue bien plus que la performance ponctuelle.

Le tir à la perche

Vertical ou horizontal, le tir à la perche consiste à abattre des « oiseaux » — de petits leurres emplumés — fixés au sommet d’un mât pouvant dépasser trente mètres. Très vivant dans le Nord et en Belgique, il descend en droite ligne des concours de papegai médiévaux.

Les fédérations aujourd’hui

Sigle Nom Périmètre
WA World Archery Federation Fédération internationale, tutelle olympique
IFAA International Field Archery Association Tir de parcours à l’international
FFTA Fédération Française de Tir à l’Arc Fédération délégataire en France
FFCA Fédération Française des Chasseurs à l’Arc Chasse à l’arc

Attention à un détail qui traîne un peu partout : l’acronyme WA correspond à World Archery Federation, et non à « World Federation Archery ». La fédération internationale se désigne d’ailleurs aujourd’hui simplement sous le nom de World Archery.

En France, la pratique en club passe par une licence FFTA, qui couvre l’assurance et donne accès aux compétitions officielles.

Ce que l’histoire nous laisse

Le tir à l’arc contemporain porte encore les traces de ce passé. Les mesures sont en pouces et en livres, héritage anglo-saxon. Les distances olympiques — 70 mètres — descendent des portées d’entraînement militaire. Et le vocabulaire des compagnies d’arc perpétue des usages vieux de plusieurs siècles.

C’est probablement ce qui distingue cette discipline : on y pratique un geste que des générations ont répété avant nous, avec un matériel qui a évolué mais dont le principe n’a pas changé d’un iota depuis huit mille ans.

Pour commencer, voyez où et comment pratiquer, et les règlements des différentes disciplines.

Où et Comment pratiquer le tir à l’arc ?

Vous voulez vous mettre au tir à l’arc mais vous ne savez pas par où commencer ? Bonne nouvelle : c’est l’un des sports où le démarrage coûte le moins cher, à condition de ne pas acheter de matériel tout de suite.

Voici où pratiquer, ce qu’il faut vraiment, et dans quel ordre.

Où pratiquer le tir à l’arc ?

En club, c’est de loin le meilleur départ

La FFTA recense des centaines de clubs partout en France. La plupart proposent un cycle d’initiation de 10 à 16 séances, encadré, avec du matériel prêté ou loué.

Trois raisons de commencer là plutôt qu’ailleurs :

  • Vous ne dépensez rien en matériel tant que vous n’êtes pas sûr d’accrocher.
  • Vous tirez avec un arc adapté à votre gabarit, ce qui vous évite l’erreur la plus classique du débutant : un arc trop puissant.
  • Vous prenez de bonnes habitudes dès le départ. Les défauts de posture s’installent en quelques semaines et mettent des mois à se corriger.

La licence couvre également l’assurance, qui n’est pas un détail dans une activité où l’on projette des objets à plus de 200 km/h.

Chez soi : possible, mais encadré par votre responsabilité

En France, un arc de loisir n’est pas classé comme une arme à feu et son achat est libre. Cela ne signifie pas que l’on peut tirer n’importe où : vous restez entièrement responsable de chaque flèche que vous décochez, y compris civilement et pénalement.

Si vous tirez dans un jardin privé, quelques règles s’imposent :

  • Un obstacle d’arrêt massif derrière la cible — mur, talus, butte de terre. Jamais une simple haie ni une clôture.
  • Aucun passage possible dans l’axe de tir ni au-delà : ni voisins, ni voirie, ni animaux.
  • Personne à côté de vous pendant la séance, et surtout pas d’enfants en déplacement libre.
  • Une distance de tir courte et maîtrisée. Une flèche perdue tirée en cloche peut parcourir plus de 150 mètres.
  • Le matériel rangé et désarmé hors des séances.

Certaines communes réglementent par arrêté municipal. En cas de doute, un appel en mairie règle la question.

Les autres possibilités

Il existe aussi des parcours 3D permanents ouverts au public, des stands couverts en milieu urbain, et des stages de découverte proposés l’été. C’est une bonne façon de tester avant de s’engager sur une saison.

Quel arc pour débuter ?

L’arc d’initiation

Le point d’entrée. Une puissance modeste — comptez 15 à 30 livres selon le gabarit, 15 à 20 livres pour un enfant — et une construction simple : une poignée, deux branches, une corde, un repose-flèche, parfois un viseur basique.

Sa vertu principale : il est évolutif. Comme les branches se démontent, vous montez en puissance sans changer d’arc.

Arc d'initiation au tir à l'arc

L’arc classique (recurve)

L’arc des Jeux olympiques et le plus répandu en club. Même architecture que l’arc d’initiation, mais des matériaux et des accessoires d’un autre niveau : poignée en aluminium, magnésium ou carbone, branches en carbone ou mousse de carbone, viseur, berger button, stabilisation, clicker.

On peut aussi le tirer nu, sans aucun accessoire : c’est le barebow, une discipline à part entière et en pleine croissance.

Arc classique ou arc recurve

Détails dans notre guide pour choisir son arc classique.

L’arc à poulies (compound)

Le plus mécanisé. Ses deux poulies excentrées démultiplient l’effort : après un pic de traction, la force à maintenir chute fortement, ce qui permet de viser longuement sous forte puissance.

Il se tire avec un décocheur — la corde n’est plus en contact avec les doigts — et s’équipe d’un viseur à loupe et d’une visette insérée dans la corde. On le retrouve aussi bien en compétition sur cible qu’à la chasse, avec des géométries différentes selon l’usage.

Arc à poulies ou arc compound

Les arcs traditionnels

Longbows, recurves monoblocs, arcs équestres. Aucun accessoire, visée instinctive, souvent du bois. Ils demandent plus de temps pour progresser mais offrent des sensations que les autres arcs n’ont pas — et ils règnent sur les disciplines de parcours.

Les flèches

Le choix se fait d’abord sur le spine, c’est-à-dire la rigidité du tube, qui doit correspondre à votre puissance et à votre allonge. Le matériau vient ensuite :

  • Carbone : léger, rapide, résistant. Le standard en club aujourd’hui.
  • Aluminium : régulier, économique, plus épais — très bien en salle.
  • Mixte carbone-aluminium : le haut de gamme du tir extérieur.
  • Bois : incontournable avec les arcs traditionnels, où il forme un ensemble cohérent.

Différents types de flèches d'archerie

Ne commandez pas de flèches avant de connaître votre allonge et votre puissance réelle : tout est expliqué dans comment choisir ses flèches.

Les accessoires

Deux sont indispensables dès la première séance, les autres viennent ensuite.

  • La palette — en cuir, parfois renforcée. Elle répartit la pression de la corde sur les doigts. Sans elle, vous ne tiendrez pas une séance complète.
  • Le protège-bras (bracelet) — il évite le claquage de corde sur l’avant-bras. Douloureux, et très décourageant quand ça arrive.
  • La dragonne — elle retient l’arc au lâcher, ce qui vous permet de ne pas serrer le grip. C’est une pièce technique, pas un accessoire de confort : voir la tenue du grip.
  • Le carquois — à la ceinture, pour les flèches et le petit outillage.
  • Le plastron — il empêche la corde d’accrocher les vêtements, surtout l’hiver.
  • Le décocheur et le D-loop — réservés à l’arc à poulies. Le D-loop est une petite boucle de corde sur laquelle s’accroche le décocheur, pour ne pas user la corde principale.
Palette de tir à l'arc Protège-bras ou bracelet d'archer Dragonne de tir à l'arc Carquois de ceinture
Plastron de tir à l'arc Décocheur pour arc à poulies D-loop sur corde d'arc à poulies

Combien ça coûte

Poste Budget
Licence + cotisation club (saison) 100 à 250 €
Palette + protège-bras + dragonne 40 à 70 €
Premier ensemble classique complet 250 à 400 €
Jeu de flèches 60 à 150 €

La première saison peut donc se faire pour le seul prix de la licence, matériel prêté par le club. C’est la formule à privilégier.

Votre première séance

Attendez-vous à peu de flèches et beaucoup de posture. On commence généralement à 5 ou 10 mètres, sur des blasons larges, avec un arc très faible.

Venez en vêtements près du corps — une manche ample accroche la corde — et cheveux attachés. Prévoyez de l’eau : on transpire plus qu’on ne l’imagine.

Et ne jugez pas le sport sur une séance : les trois premières servent surtout à installer le geste. Le plaisir arrive quand les flèches commencent à se regrouper.

En résumé

  1. Déterminez votre œil directeur — il décide de tout le reste.
  2. Trouvez un club et faites le cycle d’initiation.
  3. Achetez d’abord vos accessoires personnels, pas un arc.
  4. Attendez de connaître votre allonge et votre puissance réelle avant d’investir.

Quand viendra le moment de vous équiper, les gammes arcs d’initiation, arcs classiques et équipement de l’archer d’Archerie.fr couvrent l’ensemble de ce matériel.

Déterminer son oeil directeur

Avant votre première flèche, avant même de choisir un arc, il y a une chose à déterminer : votre œil directeur, aussi appelé œil de visée.

C’est lui — et non la main avec laquelle vous écrivez — qui décide si vous tirerez en droitier ou en gaucher. Se tromper là-dessus, c’est acheter un arc inutilisable et construire une technique bancale qu’il faudra tout défaire ensuite.

Qu’est-ce que l’œil directeur ?

Vos deux yeux ne voient pas la même image : chacun perçoit la scène sous un angle légèrement différent. Le cerveau fusionne les deux, mais il en privilégie une — celle de l’œil directeur — pour établir l’alignement et la profondeur.

En tir à l’arc, c’est cet œil qui doit se trouver dans l’axe corde-viseur-cible. S’il est du mauvais côté de l’arc, l’alignement devient impossible : soit vous fermez votre œil directeur et vous perdez en netteté, soit vous tordez la tête pour compenser, et votre point d’ancrage devient instable.

Point essentiel : on peut parfaitement écrire de la main droite et avoir l’œil gauche directeur. C’est ce qu’on appelle la dominance croisée, et cela concerne environ un tiers de la population.

Test 1 : les mains jointes

Le plus connu, et le plus fiable.

  1. Bras tendus devant vous, superposez vos deux mains en laissant un petit trou entre elles, de la taille d’une pièce.
  2. Les deux yeux ouverts, cadrez un objet éloigné dans ce trou — une poignée de porte, un interrupteur.
  3. Sans bouger les mains, fermez l’œil gauche.
    • L’objet est toujours dans le trou → votre œil droit est directeur.
    • L’objet a disparu → votre œil gauche est directeur.
  4. Vérifiez en fermant l’autre œil : le résultat doit être exactement inverse.

Test de l'oeil directeur pour le tir à l'arc

Test 2 : le pouce tendu

Une variante plus rapide, pratique quand on n’a pas la place de tendre les deux bras.

  1. Tendez un bras devant vous, pouce levé.
  2. Les deux yeux ouverts, superposez votre pouce sur un objet éloigné.
  3. Fermez l’œil gauche : si le pouce reste sur l’objet, l’œil droit est directeur. S’il saute sur le côté, c’est l’œil gauche.

Test 3 : le rapprochement

Celui-ci a l’avantage de ne demander aucune fermeture d’œil — il fonctionne donc très bien avec les enfants, qui ferment souvent mal un œil isolément.

  1. Bras tendu, pouce levé, superposé à un objet lointain.
  2. Sans fermer les yeux, rapprochez lentement votre main de votre visage, en gardant le pouce aligné sur l’objet.
  3. Votre main viendra naturellement se placer devant votre œil directeur.

Faites les trois, pas un seul

Il arrive que les résultats divergent. Ce n’est pas une anomalie : cela signifie que votre dominance oculaire est faible, c’est-à-dire que les deux yeux se partagent la tâche à peu près équitablement. Environ un archer sur dix est dans ce cas.

Si les trois tests concordent, la réponse est nette et vous pouvez avancer. S’ils divergent, choisissez le côté de votre main dominante : à dominance oculaire faible, il est plus facile d’entraîner l’œil que de tirer avec sa main faible.

Ce que ça change concrètement

Œil directeur Vous tirez Arc à acheter
Droit Arc dans la main gauche, corde tirée de la main droite RH (right handed)
Gauche Arc dans la main droite, corde tirée de la main gauche LH (left handed)

Ce n’est pas une question de préférence. Sur un arc classique, la fenêtre d’arc et le repose-flèche sont usinés d’un seul côté : un arc RH est physiquement inutilisable par un gaucher. Vérifiez toujours cette mention avant d’acheter — voir notre guide pour choisir son arc.

Et en cas de dominance croisée ?

Vous êtes droitier de la main mais gaucher de l’œil. Deux options, chacune avec ses partisans :

  • Tirer du côté de l’œil (donc en gaucher). C’est la solution la plus cohérente techniquement, et la plus recommandée pour un débutant : l’alignement se fait naturellement. La main non dominante s’adapte plus vite qu’on ne le croit, parce qu’en tir à l’arc ce sont surtout les muscles du dos qui travaillent.
  • Tirer du côté de la main et neutraliser l’œil directeur avec un cache-œil, une pastille sur la lunette ou en fermant l’œil. Solution courante chez les archers déjà installés, mais elle prive de la vision binoculaire.

Si vous débutez, la première option est presque toujours la bonne. Si vous tirez déjà depuis des années sans gêne, ne changez rien.

Quelques précisions utiles

  • L’œil directeur n’est pas forcément le plus performant. Il peut même être le moins bon des deux. C’est une question de dominance, pas d’acuité.
  • Il peut évoluer avec l’âge ou après une opération de la vue. Si votre alignement devient soudainement inconfortable, refaites le test.
  • Chez l’enfant, la dominance n’est pas toujours stabilisée avant 6 ou 7 ans. Refaites le test chaque saison.
  • Ne fermez pas systématiquement un œil pour viser. Beaucoup d’archers tirent les deux yeux ouverts, ce qui préserve la perception de la profondeur et fatigue moins.

En résumé

Cinq minutes, trois tests, aucun matériel. C’est la vérification la moins coûteuse et la plus déterminante de toute votre pratique — et celle qui vous évitera d’acheter le mauvais arc.

Une fois votre côté déterminé, l’étape suivante est de mesurer votre allonge, puis de trouver où pratiquer.