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Comment bander son arc et monter sa corde

« Bander son arc » veut dire deux choses différentes en tir à l’arc, et la confusion est fréquente chez les débutants.

Le premier sens, c’est armer : tirer la corde jusqu’à son point d’ancrage pour décocher. Le second, celui qui nous intéresse ici, c’est mettre la corde en place sur l’arc — l’opération que vous ferez au début et à la fin de chaque séance.

Ce geste paraît anodin. Il est pourtant responsable de la majorité des branches détruites chez les archers débutants, et de quelques passages aux urgences.

Pourquoi on retire la corde

Tous les arcs, sauf les arcs à poulies, se transportent débandés — c’est-à-dire corde retirée.

Deux raisons à cela :

Sur les branches carbone modernes, laisser l’arc bandé quelques heures ne pose pas de problème. L’habitude de le débander après chaque séance reste néanmoins la bonne.

La fausse corde : la seule méthode vraiment sûre

Une fausse corde est une sangle munie d’une poche fermée à une extrémité et d’une poche ouverte à l’autre. Elle coûte une dizaine d’euros et c’est, sans exagérer, le meilleur rapport sécurité-prix de tout l’équipement de l’archer.

Son principe : c’est vos jambes qui fléchissent les branches, pas votre dos ni un appui hasardeux. L’arc reste dans l’axe, sous contrôle, à distance de votre visage.

Étape par étape

  1. Posez la corde sur la poupée de la branche inférieure — la corde doit déjà être engagée dans son encoche en bas avant toute chose.
  2. Enfilez la poche fermée de la fausse corde sur l’extrémité de la branche inférieure.
  3. Enfilez la poche ouverte sur l’extrémité de la branche supérieure. L’ouverture doit laisser passer la corde, sans la coincer.
  4. Posez un ou deux pieds au milieu de la sangle, au sol.
  5. Tirez l’arc vers le haut, par la poignée, bras tendu. Les branches fléchissent régulièrement.
  6. Faites glisser la boucle de la corde dans l’encoche de la poupée supérieure, avec la main libre.
  7. Relâchez doucement, puis retirez la fausse corde.

Trois points de vigilance :

Le bandoir fixe

La plupart des clubs disposent d’un bandoir mural ou au sol : un support contre lequel on appuie le creux du grip pour faire levier et fléchir les branches.

C’est robuste, rapide et parfaitement fiable. Seul inconvénient : ce n’est pas transportable. Si vous tirez uniquement en club, le bandoir suffit ; dès que vous sortez, la fausse corde s’impose.

Les méthodes à éviter

Le passage entre les jambes

Vous verrez souvent cette technique : on passe une jambe entre la corde et l’arc, on cale la branche inférieure derrière la cuisse, et on fléchit la supérieure à la main.

Ça fonctionne, c’est rapide, et c’est la meilleure façon de voiler une branche. La flexion se fait de travers, et la branche inférieure encaisse une torsion latérale pour laquelle elle n’est pas conçue. Le voilage est souvent progressif et invisible — on constate simplement que l’arc ne se règle plus correctement.

L’appui d’un pied avec poussée vers l’avant

Un pied sur la branche inférieure, on pousse la poignée en avant tout en glissant la corde. Méthode très répandue, moins agressive pour le matériel que la précédente, mais avec un vrai risque : l’arc peut glisser. Une branche sous tension qui se libère brutalement remonte en direction du visage.

Ce n’est pas théorique : ce type d’incident arrive régulièrement, y compris à des archers expérimentés qui ont fait le geste des milliers de fois.

Débander l’arc

Exactement la même manœuvre, en sens inverse : fausse corde en place, tension, on dégage la boucle de la poupée supérieure, puis on relâche progressivement.

L’erreur classique consiste à vouloir décrocher la corde à la main sans fausse corde, en pariant sur la souplesse des branches. C’est là que les doigts se coincent et que les arcs partent.

Après le montage : trois vérifications

Une fois l’arc bandé, avant de tirer la première flèche :

  1. Le band. Mesurez la distance entre la corde et le creux du grip. Chaque arc a sa plage constructeur, souvent 21 à 23 cm en classique. Un band hors plage rend l’arc bruyant et déplace les impacts. Il se règle en vrillant ou dévrillant la corde.
  2. L’alignement. Reculez et regardez le long de la corde : elle doit passer par le milieu des deux branches. Si elle est décalée, une branche est mal emmanchée ou voilée.
  3. Les poupées. Vérifiez que la boucle est bien assise au fond des deux encoches, des deux côtés.

Le band se contrôle à chaque séance : une corde neuve s’allonge pendant ses premières heures d’utilisation, et le band baisse en conséquence.

Le cas particulier de l’arc à poulies

Un compound ne se débande jamais. Il reste corde et câbles montés en permanence.

Sa géométrie, sa puissance et son câblage rendent toute manipulation manuelle impossible — et dangereuse. Le changement de corde exige une presse d’arc, fixe ou portable, qui comprime les branches de façon contrôlée.

Si vous n’êtes pas équipé et formé, confiez cette opération à un archer expérimenté ou à un magasin spécialisé. Une presse mal utilisée peut détruire l’arc, et une corde qui se libère sous tension sur un compound de 60 livres provoque des blessures sérieuses.

Les erreurs à ne pas commettre

En résumé

Équipez-vous d’une fausse corde dès votre premier arc. Dix euros, quelques secondes par séance, et vous éliminez d’un coup le risque de voiler vos branches et celui de prendre un arc dans le visage.

Vérifiez ensuite votre band, votre alignement et vos poupées avant la première flèche. Ces trente secondes de contrôle évitent des heures à chercher pourquoi l’arc ne se règle plus.

Les fausses cordes et bandoirs ainsi que les cordes d’Archerie.fr couvrent les tailles d’arcs évoquées ici.

À lire ensuite : choisir son arc classique, recentrer sa visée et régler son berger button.

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